Tomber amoureux. Eckhart Tolle

Posted by on décembre 20, 2013 in extraits de livres | Commentaires fermés sur Tomber amoureux. Eckhart Tolle

Eckhart Tolle

Nouvelle Terre

©2005 Ariane Editions inc.

Nouvelle TerrePage 74

Ce que l’on appelle communément « tomber amoureux » est dans la plupart des cas une intensification du « vouloir » et de « l’avoir besoin » de l’ego. Vous devenez en quelque sorte « accro » à une autre personne, ou plutôt à l’image que vous vous faites de cette personne. Ceci n’a rien à voir avec l’amour vrai qui ne comprend aucun vouloir d’aucune sorte.

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La cause première du malheur n’est jamais la situation, mais toujours les pensées qui concernent celle-ci.

Affronter les faits redonne toujours du pouvoir. Soyez conscient que vos pensées créent dans une large mesure les émotions que vous ressentez. Etablissez le lien entre pensées et émotions. Au lieu d’être vos pensées et vos émotions, soyez la conscience derrière elles.

Ne cherchez pas le bonheur, vous ne le trouverez pas. Pourquoi ? Parce que chercher est l’antithèse même du bonheur. Le bonheur est toujours insaisissable, alors que la libération de la misère intérieure est possible tout de suite, en affrontant ce qui est plutôt qu’en inventant des histoires à son sujet. La misère intérieure dissimule votre état naturel de bien-être et de paix intérieure, qui sont la source naturelle du vrai bonheur.

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Soyez vigilant. Certaines des pensées qui vous passent par la tête sont-elles la voix intériorisée de votre père ou de votre mère… Si vous êtes vigilant, vous saurez reconnaître cette voix pour ce qu’elle est : une vieille pensée conditionnée par le passé. Si vous êtes vigilant, vous n’aurez plus besoin de croire à toutes les pensées qui vous viennent. Ce ne sera qu’une vieille pensée, rien de plus. Vigilance veut dire Présence. Et seule la Présence peut dissoudre le passé inconscient en vous.

Ram Dass a dit : « Si vous pensez être vraiment illuminé, allez donc passer une semaine avec vos parents. » C’est un excellent conseil. La relation avec vos parents est non seulement la relation première qui donne le ton à toutes vos relations subséquentes, mais aussi un bon test pour vérifier votre degré de présence. Plus il y a de passé en commun, plus vous devez être présent. Sinon, vous serez sempiternellement forcé de revivre le passé.

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La souffrance consciente

La souffrance vous amène dans les profondeurs de votre être. Le paradoxe, c’est que la souffrance est causée par l’identification à la forme et que c’est cette même souffrance qui érode l’identification à la forme. En grande partie causée par l’ego, cette souffrance détruit à un moment donné l’ego, mais pas avant que vous ne souffriez consciemment.

La souffrance a une raison d’être noble : l’évolution de la conscience et la désintégration de l’ego.

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L’ego ne peut faire la distinction entre une situation et l’interprétation que nous en faisons ou la réaction qu’elle suscite chez nous. Vous direz ainsi « Quelle journée épouvantable » sans réaliser que le froid, le vent, la pluie, la canicule ou la neige auxquels vous réagissez n’ont rien d’épouvantable. Ils sont ce qu’ils sont. Ce qui est épouvantable, c’est votre réaction, votre résistance intérieure à eux et l’émotion qui est engendrée par cette résistance. Comme le dit Shakespeare, « Il n’y a rien de bien ou de mal en soi. C’est la pensée qui en fait un bien et un mal ». qui plus est, la souffrance et la négativité sont souvent perçues à tort par l’ego comme un plaisir parce que, jusqu’à un certain point, l’ego s’en trouve renforcé.

Par exemple, la colère et le ressentiment renforcent énormément l’ego en intensifiant le sentiment de division, en mettant l’accent sur la différence et en créant une position mentale de rectitude aussi colossale qu’une forteresse que l’on ne peut assaillir. Si vous pouviez observer les changements physiologiques qui se produisent dans votre corps lorsque vous êtes possédé par un état négatif, si vous pouviez constater à quel point ces états affectent le fonctionnement de votre cœur, de votre système digestif, de votre système immunitaire et d’autres innombrables fonctions corporelles, il vous deviendrait absolument clair que de tels états sont effectivement pathologiques, qu’ils sont des formes de souffrance, pas de plaisir.

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L’ego est peut-être rusé, mais il n’est pas intelligent. La ruse poursuit ses propres petits buts, alors que l’intelligence a une vue d’ensemble où tout est relié. La ruse est motivée par l’intérêt personnel et elle est extrêmement limitée. La plupart des politiciens et des hommes d’affaires sont rusés. Très peu sont intelligents. Tout ce qui est accompli par la ruse ne dure pas longtemps et va toujours à un moment donné à l’encontre du but recherché. La ruse divise, alors que l’intelligence unifie.

Le malheur de fond

…Il y a d’autres formes subtiles de négativité si communes qu’on ne les reconnaît habituellement pas comme telles. Par exemple, l’impatience, l’irritation, la nervosité, l’agitation, le ras-le-bol, etc. ces formes de négativité constituent le malheur de fond qui est l’état prédominant chez beaucoup de gens. Il vous faut être extrêmement vigilant et absolument présent pour pouvoir les détecter. Chaque fois que vous y réussissez, il s’agit d’un moment d’éveil, de désidentification du mental.

Il existe un état négatif très répandu que l’on ne voit pas justement parce qu’il est très commun, très normal. Il vous est peut être familier. Ressentez vous souvent comme un mécontentement que l’on pourrait plus justement décrire comme un ressentiment de fond ? … Sous-jacentes à ce sentiment se trouvent des croyances inconscientes, c’est à dire des pensées. Celles-ci vous viennent de la même façon que vos rêves vous viennent dans le sommeil. En d’autres termes, vous ne savez pas que vous pensez ces pensées, comme le rêveur ne sait pas qu’il rêve.

Chaque fois qu’il y a du malheur à l’arrière-plan de votre vie (ou bien à l’avant-plan), observez laquelle de ces pensées est la plus pertinente et ajoutez-y votre propre contenu selon votre situation :

« Il faut que quelque chose se produise dans ma vie pour que je puisse trouver la paix intérieure (être heureux, comblé, etc.). je déteste que ce ne soit pas encore arrivé. Peut-être que mon ressentiment le fera arriver. »

« Quelque chose s’est passé autrefois qui n’aurait pas dû se passer et je déteste ça. Si ça ne s’était pas passé, je serais en paix maintenant. »

« Quelque chose est en train de se passer maintenant qui ne devrait pas se passer et qui m’empêche d’être en paix. »

Souvent, les croyances inconscientes sont dirigées vers une personne et le « se passer » devient un « pousser à faire » :

« Tu devrais faire ceci ou cela afin que je puisse être en paix. Et ça me frustre que tu ne l’aies pas encore fait. Peut-être que mon ressentiment te poussera à le faire. »

Quelque chose que tu as dit, fait ou pas fait dans le passé m’empêche d’être en paix maintenant. » Ou bien « Quelque chose que j’ai dit, fait ou pas fait dans le passé m’empêche d’être en paix maintenant. »

Ce que tu fais ou ne fais pas en ce moment m’empêche d’être en paix. »

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Comment être en paix dès maintenant ? En faisant la paix avec l’instant présent. L’instant présent est le terrain de jeu où la vie se joue. En effet, elle ne peut se jouer nulle part ailleurs. Une fois que vous avez fait la paix avec l’instant présent, observez ce qui se produit, ce que vous pouvez faire ou choisir de faire, ou plutôt, ce que la vie fait en vous. Le secret de l’art de vivre, le secret du succès et du bonheur se résume à cinq mots : Faire un avec la vie. Faire un avec la vie, c’est faire un avec le moment présent. A ce moment-là, vous réalisez que ce n’est pas vous qui vivez votre vie, mais la vie qui vous vit. La vie est le danseur et vous, la danse.

 L’ego adore son aversion pour la réalité. Et qu’est la réalité ? Tout ce qui est. Bouddha l’appelait tatata, la quiddité de la vie, qui n’est rien de plus que la quiddité de ce moment. La résistance à une telle quiddité constitue une des principales caractéristiques de l’ego. En effet , cette résistance crée la négativité dont l’ego se repaît tant, le malheur qu’il adore. De cette façon, vous vous faites souffrir et vous faites souffrir les autres sans même le savoir, sans savoir que vous êtes en train de créer l’enfer sur terre. Créer la souffrance sans le reconnaître, c’est vivre purement dans l’inconscience, c’est se trouver totalement aux prises avec l’ego. Le degré d’incapacité de l’ego à se reconnaître et à constater ce qu’il fait est stupéfiant et incroyable.