Kabîr

Posted by on décembre 14, 2013 in Contes et reflexions | Commentaires fermés sur Kabîr

Pourquoi donc m’engages-tu à parler Frère ?

Le flux des paroles fait échapper la Réalité essentielle !

Par le flux des paroles, le mal ne fait qu’augmenter :

Que ne méditez-vous pas en silence ?

Si vous rencontrez un saint, alors oui, parlez un peu,

Si vous rencontrez un impie, alors tenez-vous cois.

La conversation d’un sage est bienfaisante,

Mais parler aux insensés, c’est perdre son temps !

Dit Kabîr : le vase à moitié plein résonne,

Mais, s’il se remplit, on ne l’entend plus.

Kabîr, Granthâvalî, 67

 

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Etroite est la porte de la délivrance, ô Kabîr,

Comme la dixième part d’un grain de moutarde.

Si ton mental a pris la taille d’un éléphant,

Crois-tu que tu pourras passer ?

Kabîr, Ai Granth, 58

 

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« Sûr de toi tu veux me circoncire,

Mais cela je le refuse, ô frère!

Si telle était la volonté d’Allah,

Alors tous les hommes naîtraient circoncis!

Si le cordon fait le brahmane,

Qu’en est-il de sa femme?

Si de naissance elle est impure,

Pourquoi goûter ce qu’elle cuisine? »

 

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« Comme une file de moutons est le troupeau humain :

Si l’un tombe dans un trou, tous tombent l’un après l’autre ! »

 

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« Une bulle sur l’eau vive,

Voilà ta vie qui passe

Elle brille un instant, puis s’efface

Comme une étoile à l’aube ! »

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« Prendre naissance humaine est une chance rare :

Une, telle faveur n’est pas donnée deux fois !

Un fruit mûr tombe de l’arbre,

Mais n’y remonte pas ! »

 

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« La mort est notre lot à tous,

Mais nul ne sait mourir ;

Nul ne meurt en sorte, dit Kabir,

De ne plus jamais mourir »

 

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« A trop manger le jour, à trop dormir la nuit,

Qu’as-tu fait de ta vie, joyau soldé à bon marché ? »

 

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« Ô Kabîr , lorsque tu viens au monde

Tous se réjouissent alors que toi tu pleures!

Fais en sorte qu’à l’heure de le quitter,

Ils soient tous en pleurs alors que toi tu ris! »

 

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« Le jardinier paraît,

Les boutons poussent un cri:

« Il vient faucher les fleurs!

A notre tour demain! ».

 

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 « Si l’on t’injurie, ne répond rien!

Garde ton calme, tourne la tête.

Une insulte entraîne mille insultes.

Le silence peut désarmer l’insulte ». 

 

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« Etrange en vérité est la quête de l’Amour.

Qui la narre n’en connaît pas la fin,

Qui la connaît devient muet,

Et du merveilleux conte il ne peut souffler mot! ».

 

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« Dans ma demeure, jour après jour, je tends le fil:

A ton épaule est le cordon sacré!

Toi, tu lis les Védas et chante la Gayatri,

Mais le Seigneur est dans mon coeur! »

 

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« Dans tes veines, dans les miennes, il ne coule qu’un sang

Et c’est la même vie qui nous anime tous!

Puisqu’une mère unique nous a tous engendrés,

Où avons-nous appris à tant nous diviser ? ».

 

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« Si en marchant tout nu on s’unit à Hari,

Les daims dans la forêt sont délivrés!…

Si on devient parfaits en se tondant le crâne,

Le mouton est sauvé, et nul n’est égaré!… »

 

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« Comme le parfum dans la fleur,

Le Seigneur est dans ton cœur!

N’imite pas le daim qui cherchant dans les herbes

Veut déterrer le musc que secrète son nombril! ».

 

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« Etroit est le sentier de l’amour,

On ne peut y cheminer à deux ».

 

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« Tu ne peux boire le nectar de l’amour de dieu et garder ton orgueil,

Deux épées dans un seul fourreau ça ne s’est jamais vu ».