La voie et ses pièges Arnaud Desjardins

Posted by on décembre 19, 2013 in extraits de livres | Commentaires fermés sur La voie et ses pièges Arnaud Desjardins

Edition de la Table Ronde, 1992

La voie et ses piègesEn fait la vérité et la voie sont simples, incroyablement simples même. C’est le mental qui est compliqué. Mais simple ne veut pas dire facile, ni bon marché….

Tous les êtres vivants aspirent à être heureux, complètement heureux, d’un bonheur parfait auquel rien ne manque et qui soit stable, définitif, à l’abri des évènements, des malheurs des tragédies. Ce bonheur est inatteignable dans les conditions courantes de l’existence qui permettent tout au plus d’aspirer à des satisfactions et à des joies relatives.

Et pourtant, l’inimaginable promesse des enseignements spirituels, c’est que le bonheur absolu dont nous portons tous la nostalgie est accessible à l’homme à condition de comprendre ce qui nous en sépare et comment nous pourrions nous établir en lui.

Ce bonheur ne peut être définitivement atteint que par cette transformation radicale de notre être et de notre conscience qu’on a désignée par des termes tel qu’éveil, nouvelle naissance, libération, des termes forts et sans compromis….

 

… L’essentiel à saisir, c’est que tout se passe pour nous, non pas à l’extérieur mais au-dedans de nous, parce que nous intériorisons l’évènement dont nous sommes témoins.

 

Donc, notre existence n’est pas une affaire entre moi et le monde extérieur mais entre moi et moi ou, plus précisément, entre moi et mes pensées, mes émotions, mes sensations. Ce n’est pas à cause des évènements que je suis heureux ou que je souffre, c’est à cause de mes pensées relatives à ces évènements, de mes émotions relatives à ces évènements.

 

Swamiji comparaît les désirs à des créanciers : tant qu’on ne les a pas remboursés, ils réclament leur dû ; dès qu’ils ont été remboursés on n’entend plus parler d’eux. Il faut parvenir à ce que les désirs qui ont été si puissants pour nous et dont le non-accomplissement représentait une telle souffrance, nous laissent tranquilles.

D’abord avant de se lancer dans l’accomplissement d’un désir, quel qu’il soit, je le regarde, j’essaie de comprendre pourquoi il revêt une telle intensité et ce qui lui est sous-jacent. D’où provient son caractère impérieux, quelle est la motivation réelle cachée à l’arrière plan… qu’est-ce que j’attends vraiment et qu’elles vont être les conséquences éventuelles ?

Nous pouvons aussi examiner l’autre aspect, l’envers de la médaille, si je puis dire, la peur de souffrir : qu’y aurait-il de si terrible à ce que ce désir ne soit pas accompli ? Qui suis-je vraiment pour avoir ces besoins, pour avoir ces peurs ? Qui est comblé, qui est brisé par l’opposé, à savoir l’échec ?

Enfin, j’essaie de comprendre ce que ce désir représente dans l’ensemble de mon destin d’homme ou de femme et dans l’ensemble de mon existence actuelle…. Tout désir doit être situé dans un contexte.

Est-il possible de demeurer dans cette paix stable du soi, cette conscience non affectée ? Qu’est-ce qui vous en écarte, qu’est-ce qui vous montre que vous êtes exilés de l’être ? Les désirs. Là je suis limité, là je suis incomplet, là se révèle un manque. Être libre intérieurement signifie que la vie n’a plus le pouvoir de me voler la béatitude du soi.

 

A partir du moment où vous accomplissez un désir, vous essayez d’avoir l’expérience la plus unifiée et la plus totale possible de cet accomplissement. Vous le vivez complètement, unifiés.