L’ego et le moment présent. Eckhart Tolle

Posted by on décembre 20, 2013 in extraits de livres | Commentaires fermés sur L’ego et le moment présent. Eckhart Tolle

Eckhart Tolle

Nouvelle Terre

©2005 Ariane Editions inc.

Nouvelle Terre Page 170

Dans votre vie, la relation primordiale est celle que vous entretenez avec le moment présent, avec toute forme que le moment présent prend. C’est-à-dire avec ce qui est et ce qui arrive.

…Est-ce que je veux faire du moment présent un ami ou un ennemi ? Comme le moment présent est indissociable de la vie, vous décidez en fait le genre de relation que vous voulez entretenir avec la vie.

…Une fois que vous avez décidé que le moment présent sera votre ami, il vous revient de faire le premier pas. Adopter un attitude amicale à son encontre, accueillez le quelle que soit la forme qu’il prenne.

La décision de faire du moment présent un ami signe la fin de l’ego. En effet, il est impossible pour l’ego de se syntoniser sur le moment présent, c’est-à-dire sur la vie, vu que sa nature même est d’ignorer, de repousser ou de dévaloriser le moment présent. Pourquoi ? Parce que l’ego vit de temps. Plus l’ego est fort, plus le temps prend le dessus dans votre vie. Dans ce cas, presque chacune de vos pensées est axée sur le passé ou le futur. Le sentiment que vous avez de votre moi est tributaire du passé en ce qui concerne votre identité, et du futur en ce qui concerne l’accomplissement. La peur, l’anxiété, les attentes, les regrets, la culpabilité et la colère sont des dysfonctions de la conscience prise dans le temps.

  L’ego a trois façons de traiter le moment présent : comme un moyen pour arriver à une fin, comme un obstacle ou comme un ennemi.

Pour l’ego, le moment présent est au mieux un moyen pour arriver à une fin. Il vous conduit vers un moment futur qu’il considère important, même si le futur ne vient jamais, sauf sous la forme du moment présent. Par conséquent, il n’est jamais rien d’autre qu’une pensée. Autrement dit, vous n’êtes jamais vraiment « ici » parce que vous êtes toujours occupé à essayer d’être ailleurs.

Lorsque ce scénario s’accentue, chose très commune, le moment présent est considéré et traité comme un obstacle que l’on doit surmonter. Alors entre en jeu l’impatience, la frustration et le stress…. La vie, autrement dit le moment présent, devient « un problème » et vous en venez à habiter un monde de problèmes qui doivent être solutionnés avant que vous puissiez être heureux et comblé, avant que vous commenciez vraiment à vivre….Aussi longtemps que le moment présent est considéré comme un obstacle, il n’y a pas de fin au problèmes. « Je serai tout ce que tu voudras que je sois », dit la vie, le moment présent. « Je te traiterai comme tu me traites. Si tu me vois comme un problème, je serai un problème pour toi. Si tu me traites comme un obstacle, je serai un obstacle. »

Au pire, …le moment présent est considéré comme un ennemi….Quand votre dialogue intérieur est fait de « il faut » et « je dois », de reproches et d’accusation, c’est que vous n’acceptez pas ce qui est, que vous réfutez ce qui est déjà réel. Vous faites de la vie un ennemi et la vie vous dit : « Si tu veux la guerre, c’est la guerre que tu auras. » Vous percevez alors la réalité extérieure, qui est toujours le reflet de votre réalité intérieure, comme hostile.

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Le paradoxe du temps

A la surface, le moment présent est « ce qui arrive ». et vu que ce qui arrive change continuellement, il semble que chacune des journées de votre vie soit faite de milliers de moments présents au cours desquels différentes choses se produisent. Le temps est considéré comme une infinie de succession de moments, certains étant bons, d’autres, mauvais. Pourtant, si vous y regardez de plus près, c’est-à-dire si vous considérez votre expérience immédiate, vous découvrez qu’il n’y a absolument pas de nombreux moments. Vous découvrez qu’il n’y a toujours que ce moment-ci. La vie, c’est toujours maintenant. Votre vie entière se déroule dans l’éternel présent. Même les moments passés ou futurs existent seulement quand vous vous les rappelez ou les anticipez, c’est-à-dire en pensant à eux au seul moment qui existe, c’est-à-dire celui-ci.

Pourquoi avez-vous l’impression qu’il y a de nombreux moments ? Parce que vous confondez le moment présent avec ce qui arrive, avec le contenu. Cette confusion du moment présent avec le contenu se traduit non seulement par l’illusion du temps, mais également par l’illusion de l’ego.

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Eliminer le temps

Vous ne pouvez faire de l’état sans ego un objectif futur vers lequel vous vous acheminez. Tout ce que vous récolterez si vous le faites, ce sont de l’insatisfaction et des conflits intérieurs…. Quand votre objectif est de vous libérez de l’ego, vous vous accordez davantage de temps. Mais plus de temps veut dire plus d’ego. Même le fait de vouloir vous débarrasser de votre « moi » peut devenir une façon déguisée d’augmenter ce moi si cette quête devient un objectif futur. Vous donner plus de temps, c’est donner plus de temps au moi. C’est à dire du passé et du futur, ce dont le faux moi, construit par le mental et l’ego, se sustente.

Alors, au lieu d’ajouter du temps à votre vie, éliminez-en. Ce faisant, vous éliminerez l’ego. Ceci est la seule véritable pratique spirituelle qui puisse exister.

…Ce dont je parle ici, c’est du temps psychologique, de la préoccupation incessante du mental par rapport au passé et au futur, et de la résistance à ne faire qu’un avec la vie, à se syntoniser sur l’inévitable être-là du moment présent.

Chaque fois qu’un habituel « non » à la vie se transforme en « oui », chaque fois que vous laissez le moment présent être ce qu’il est, vous dissolvez le temps ainsi que l’ego. Car, pour survivre, l’ego a besoin de temps. Il a besoin du passé et du futur, bien plus que du moment présent. L’ego ne peut supporter de faire ami-ami avec le moment présent, sauf de façon brève, juste après avoir obtenu ce qu’il voulait. Mais rien ne peut satisfaire l’ego de façon durable. Aussi longtemps qu’il mènera votre vie, vous disposerez de deux façons d’être malheureux : ne pas avoir ce que vous voulez et avoir ce que vous voulez.

Quand vous dites intérieurement « oui » à la forme que prend le moment présent , cette forme même devient la porte menant à ce qui n’a pas de forme. La division entre le monde et Dieu s’efface.

Quand vous n’opposez pas de résistance à la forme, ce qui est au-delà de la forme émerge comme une Présence omniprésente, une force silencieuse bien plus grande que votre identité à la forme limitée dans le temps, la personne.

 

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…Rien ne peut satisfaire l’ego de façon durable. Aussi longtemps qu’il mènera votre vie, vous disposerez de deux façons d’être malheureux : ne pas avoir ce que vous voulez et avoir ce que vous voulez.